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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 18:24

cecile kf2Portons-nous tous un masque ? Est-ce inévitable ? Le porte-t-on pour soi ou pour les autres ? Qu’est-ce que le masque nous permet de vivre ? Comment détecte-t-on ses propres masques ? Et si j’enlève ce masque, que se passe-t-il ?

 

Le masque exprime l’écart entre la réalité montrée/ce que j’émets et la réalité vécue/ce que je vis. Le masque marque la différence entre l’acteur apparent, et l’acteur intérieur. Contrairement à toute attente, le masque montre que son acteur joue, et si celui-ci joue valablement, il change éventuellement de masque selon les circonstances de sa vie. Le masque est mangeur de vie parce que s’il dure trop, il nous emprisonne, et si c’est le cas, c’est que nous nous sommes laissé prendre au jeu. Alors, nous allons nous démasquer ce soir, pour nous rendre plus libres.

 

Etymologie : masque est emprunté à l’italien « maschera », faux visage, milieu 14ème, et vient du radical « maska », noir, sorcière, spectre, démon. Les anciens déguisements consistaient à se noircir le visage et le corps.

 

De quel masque parle-t-on ?

 

Le masque renvoie à l’intérieur et à l’extérieur de soi. Ici, il est question du masque qu’on adopte, de la position que l’on prend intérieurement et du comportement qu’on adopte vis-à-vis de l’extérieur. Le masque en lui-même ne pose pas de problème, c’est le processus du masque qui peut être problématique. Le masque peut être utile dans certaines circonstances. S’il est définitif, il devient une croyance. On est le plus souvent tout à fait conscient du masque qu’on emprunte, avec lequel on vit un certain rôle, avec lequel on se met en scène : « un homme politique peut adopter un certain masque en public et en porter un autre ou pas du tout dans sa vie privée ».

Lorsqu’on en a une conscience insuffisante, cela peut poser problème, pourquoi ? Parce qu’on veut donner de soi une certaine image, et on vit en soi une autre vie. Quelqu’un de sincère dans son masque va exprimer quelque chose de très différent de ce qu’il ressent : « évoquer un événement dramatique et faire de l’humour ». Ponctuellement, ça peut être : « souffrir de douleurs chroniques et faire bonne figure » ; --- « Apprendre la disparition d’un proche et ne pas se montrer dramatique ».

Ce peut être quelqu’un qui montre un autre visage que le sien : « souriant avec une colère rentrée », ce qui peut être parfois nécessaire; quelqu’un qui s’affiche comme victime et qui dit « ça ira, va !! ». Il y a le masque actif, le masque du faire croire : « montrer qu’on s’intéresse à quelque chose, alors que ce n’est pas le cas ». Là où le masque commence, c’est quand « on exprime un avis et qu’on pense la contraire » ; --- En revanche : « dans certaines circonstances, ne pas dire ce qu’on pense peut être de la tolérance et pas un masque » --- « Dans la rue, quand on croise un groupe de gens surexcités, il peut être utile de porter un masque ». Tous ces exemples mettent en évidence que le masque est relatif et circonstancié.

 

Le masque est social, sachant que le social commence à deux, mais aussi par rapport à soi-même. Le masque doit être de soi à soi conscient. Le masque, c’est un peu comme se dédoubler. Comme nous l’avons vu, il y a des circonstances où il vaut mieux porter un masque, lorsque l’environnement est nocif : des parents étouffants, des gens potentiellement agressifs, ...

 

Avoir l’intention d’avoir moins de masque nous donne plus de spontanéité et de liberté. Attention : le masque n’est pas de la croyance. La croyance serait qu’il en faut toujours un : ce serait une vie spectacle. C’est notre développement intellectuel et social qui a généré le développement de masques. Mais en réalité, le masque est difficile à gérer, et avec de multiples masques, on s’épuise. On s’épuise pourquoi ? Parce qu’on n’est pas libre ! C’est comme celui qui veut faire l’intellectuel, il doit faire attention à tout ce qu’il dit, il ne peut être spontané.

Construire un masque en pleine conscience, c’est pour certaines circonstances, sinon on développe des croyances (croire qu’on ne peut faire autrement, …). De fait il y a en permanence un décalage entre soi et la société. Moins on porte de masque, plus on vit authentiquement.

 

En portons-nous tous un ? Est-ce inévitable ?

 

Comme nous vivons en société, a priori oui, nous en portons tous un. D’ailleurs, au stade actuel de notre société, si chacun exprimait en permanence ce qu’il pense et ressent, on serait mal à l’aise, pourquoi ? A cause de nos croyances et de nos tabous. °Exemple : Si vous écoutez certaines personnes qui vivent dans la rue depuis peu, elles expriment ce qu’elles pensent et ressentent. Elles disent souvent tout haut ce que tout le monde tait. Dans tous les  cas, on se sent interpellé. --- °Exemple : c’est le même processus avec quelqu’un qui dénonce des vérités qui passent sous silence : les méfaits du nucléaire, les scandales politiques, les dépenses outrancières pour des recherches scientifiques aléatoires.

 

En réalité on apprend à porter un masque très tôt dans sa vie. Avez-vous déjà rencontré quelqu’un qui n’en porte pas ? Nous nous sommes construit une sorte de dédoublement dès notre enfance, auprès de nos parents, car, au fur et à mesure que nous avons grandi, nous avons imité les comportements des grands, c’était du copier/coller. C’est ainsi que nous avons compris que pour obtenir ce que nous souhaitions, il était utile d’être sage, gentil, ou bon élève. Adolescents, c’est le même processus limbique qui s’est poursuivi : auprès des enseignants et éducateurs, et même encore adultes dans le milieu professionnel. Mais c’est toujours un dédoublement ! --- Exemples : masque professionnel, du couple, de certains métiers, de la super nana, …

 

C’est à peu près inévitable de porter un masque : c’est une manière de nous sentir en sécurité, protégé. C’est aussi une manière de sécuriser autrui, de le rassurer, mais dans les deux cas, c’est vivre selon les apparences du moment.

 

Le porte-t-on pour soi ou pour les autres ?

 

Les deux. Vis-à-vis de soi, c’est une manière de faire, parfois de croire qu’on a besoin de ce masque pour se protéger. Et nous sommes toujours capables de justifier le masque que nous choisissons. Le processus du masque est le suivant : au lieu de vivre, c’est-à-dire imaginer, penser, s’exprimer et agir de manière spontanée, on se met dans une posture intérieure différente de ce qu’on manifeste, exprime : nous montrons au dehors quelque chose de différent de ce que nous vivons au-dedans de nous. --- Exemple: « Porter un masque, c’est imiter quelqu’un qui n’est pas soi. C’est devenir un acteur différent de l’acteur intérieur. ».

 

On le porte pour soi et pour les autres. Il manifeste justement cette limite entre notre dedans et notre dehors. --- Ex : « je fais la gentille alors que je suis en colère ». Ou alors « je fais la gentille tout le temps », et là ça dépend comment on le vit intérieurement. ---« je fais le méchant pour manifester mon autorité, je joue le méchant » ; --- « je fais toujours le maximum pour aider les autres, ils ont besoin de moi, je suis leur sauveur » ; --- « je vis en permanence des catastrophes, je n’ai pas de chance, je joue le malheureux » ; --- « je rends service à tout le monde, je me sacrifie ».

Là encore, c’est à voir au cas par cas : tout dépend de ce que l’on ressent en soi ; si on est heureux de la situation, c’est ok ! --- Exemple de masque courant : « je suis douée pour régler les problèmes des autres, alors qu’à l’intérieur je déprime parce que je voudrais être reconnu pour autre chose » --- Autre exemple qui n’est plus un masque cette fois : « ma vie est difficile, je le fais savoir, je suis vécu par les autres comme dépendant »: à partir du moment où j’y adhère vraiment, c’est un problème psychologique qui doit être traité comme tel.

 

Qu’est-ce que le masque nous permet de vivre ?

 

Donc, le masque est une différence dedans/dehors, différence dont on a conscience, inévitablement. Un masque peut colorer une vie, il peut être utile à certains moments et dans certains lieux. Le masque permet de faire illusion, il permet de faire croire à l’autre quelque chose qui n’est pas. En ce sens il est manipulatoire. Nos masques permettent essentiellement d’obtenir des choses des autres et ils sont circonstanciés. Ils permettent d’éviter des peurs d’assumer sa vie, en particulier lorsque nous nous sommes rendus dépendants, lorsque nous nous montrons passifs, indifférents, ou encore lorsque nous nous économisons c’est-à-dire en faisons le moins possible.

Obtenir des autres, quoi ? c’est relatif à l’environnement et à la situation. Etre reconnu, occuper le terrain : « s’occuper des autres pour se vivre comme le centre d’intérêt » --- « avoir des problèmes pour qu’on s’occupe de soi » ; ---« manipuler les autres et les mettre à notre service, pour se sentir puissant » ; --- « montrer un masque de tristesse, pour être aidé » ; --- « le masque de la passivité, de la souffrance, du handicap, de la vieillesse, de la retraite, pour s’économiser, pour en faire le moins possible, pour être pris en charge ».

 

Comment détecte-t-on ses propres masques ?

 

Chacun peut assez facilement reconnaître ses masques ; quant à reconnaître celui des autres, c’est moins évident : les collègues de travail, … On reconnaît ses propres masques en étant au clair avec soi. --- Ex : le masque du vrai homosexuel qui se marie et qui a des enfants. Le masque du gendre parfait. Le masque de l’élite.

 

Prendre conscience de ses masques permet de vivre mieux sa vie

 

On aspire tous à vivre plus spontanés, à se sentir libres de s’exprimer, d’agir. Porter un masque, ça peut aider dans certaines circonstances pour éviter des problèmes. Ce masque a un sens pour soi, un sens intime et un sens social. Il marque un différentiel entre ce qui est vécu en soi et dehors (relativité).

Exemple : se promener en couple dans la rue et voir une jolie femme ou un bel homme, et ne rien dire: ... masque de l’indifférence ?

Exemple : masque mental : mauvaise foi comportementale, c’est le masque psychologique : affirmer des choses dont on sait que ce n’est pas vrai.

C’est l’enfant qui en a le plus conscience, parce qu’on en a plus conscience quand on le crée.

Notre tendance à nous créer des masques vient de ce que nous ne sommes en général pas suffisamment conscients de ce que nous vivons, et de ce que nous avons développé des peurs, des interdits, des principes moraux, …

 

Et si j’enlève ces masques, que se passe-t-il ?

 

Une peur peut surgir : celle de s’effondrer, celle du manque, celle de vivre un vide. Alors que ceci révèle qu’on a simplement besoin de développer sa propre consistance intérieure. Ca rejoint le sujet de la confiance en soi. En général, nous n’avons pas suffisamment conscience de notre espace intime, de notre dedans. Par habitude et par éducation, nous vivons beaucoup plus à l’extérieur de nous-mêmes, qu’en nous. Et nous nous voyons comme de l’extérieur, souvent observateur ou spectateur de nous-mêmes.

 

Notre intérieur, notre intime, est souvent vécu comme mystérieux, caché, alors que nous avons simplement besoin d’en prendre conscience et de le développer. Comment ? En vivant autant dedans que dehors, de manière équilibrée.

 

Or, le masque nous empêche de vivre soi complètement. Mais en croyant nous protéger, nous nous privons de vie. Le masque peut être un piège. Exemple : Pratiquement tous les statuts sociaux formatés conduisent à se construire un certain masque ; c’est aussi la femme dont le comportement professionnel est très différent de son comportement dans le privé. C’est aussi l’enfant qui développe une hyperactivité pour montrer qu’il est là, pour qu’on s’occupe de lui, le problème est alors souvent chez les parents.

 

En réalité, le masque disparaît lorsqu’on est en phase avec soi.

 

Conclusion

 

Les masques que nous avons développés sont relatifs aux circonstances de lieu et de moment. Le masque est social et on le construit pour les autres et pour soi, afin d’obtenir des autres quelque chose (attention, affection,...). C’est en quelque sorte un dédoublement. Il exprime un décalage entre ce que l’on vit et ce que l’on émet. C’est de soi à soi que ça se passe.

Le masque s’apprend par l’éducation et se vit par répétition. Le moins on porte de masque, le plus on vit soi. En prendre conscience nous permet d’accéder à plus de liberté et de spontanéité.

https://www.psyparis-kapfer.fr

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Published by Cecile Kapfer
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commentaires

Mariposa 30/09/2011 17:15


Ce blog est un vrai réconfort, pour ceux qui cherchent une réponse dans plusieurs domaines.

Bienvenue dans la communauté, même si pour ma part mon blog est plutôt farfelu, et très divers. ;)
Bonne soirée.


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